Le cimetière des Prussiens

Près du passage à niveau, à l’entrée sud de la ville, une grille de fer forgé et des inscriptions dans la langue de Goethe sur un fronton éveillent la curiosité. Donnant sur un enclos trapézoïdal d’environ 100 m2, propriété de l’Allemagne, cette grille s’ouvre sur un cimetière dans lequel reposent des soldats allemands morts durant la guerre de 1870-1871, d’où le nom de cimetière des Prussiens, la Prusse, province du nord de l’Europe, étant considérée comme le berceau de l’empire Germanique. En effet, la résistance de la garnison de Belfort ainsi que la rigueur de l’hiver et les épidémies firent à cette époque de nombreux morts dans les rangs de l’assaillant ce qui imposa leur inhumation sur place et fit surnommer Belfort « die toten fabrik » (la fabrique de cadavres). A partir de 1893 et jusqu’en 1913, l’entretien de ce cimetière, souvent soumis à des actes de malveillance, fut pris en charge par l’état. Durant la « Grande guerre » et les années qui suivirent, les soucis étaient ailleurs et l’entretien fut abandonné. En 1940 les Allemands, de retour à Giromagny, apposent une croix gammée à l’entrée et nettoient l’endroit qui « reprend vie ( ?) » pour peu de temps. L’abandon sévit à nouveau jusqu’en 1960, date à laquelle l’état Allemand reprit l’entretien par l’intermédiaire de son bureau des sépultures militaires situé à Metz. Le temps a passé, les souvenirs s’estompent, reste le respect dû aux ‘héros’ ou plus simplement et plus certainement aux victimes d’un conflit qui les dépassait.

Haut
de page